Vous êtes ici > Accueil > Éditions > Edition 2017 > Présentation > Présentation

Présentation

La 8ème édition de la Monaco Blue Initiative se tiendra à Monaco, les 2 et 3 avril 2017, sous la présidence de S.A.S. Le Prince Albert II de Monaco.

Lancée en 2010 par S.A.S. le Prince Albert II de Monaco, la Monaco Blue Initiative (MBI) est une plate-forme de discussion co-organisée par l'Institut Océanographique - Fondation Albert Ier, Prince de Monaco et la Fondation Prince Albert II de Monaco. Elle réunit ses membres une fois par an pour aborder les défis mondiaux présents et à venir de la gestion et de la conservation des océans. Cet événement propose un cadre précieux pour encourager les échanges entre les entreprises, les scientifiques et les décideurs, pour analyser et promouvoir les synergies possibles entre la protection du milieu marin et le développement socio-économique. Les premières éditions ont porté sur les grandes espèces marines et les grands fonds en tant que points clés de la protection et de la conservation des océans ; elles ont aussi démontré tout l'intérêt des Aires Marines Protégées (AMP) en tant qu'outil de protection. Les AMP mettent par ailleurs en évidence le besoin d'une coopération de tous les acteurs concernés pour atteindre leurs objectifs (3ème MBI, Corée).
Cette coopération comme la nécessité d'une synergie entre le développement économique et la protection de l'environnement synthétisent le concept de « croissance bleue » (MBI #4, Monaco) : celui-ci s’impose au fur et à mesure que de nouveaux modèles industriels, les énergies renouvelables, l'écotourisme ou encore l'aquaculture durable s’installent dans le paysage du développement et de la protection du milieu marin.

La 5ème MBI au Chili, a été l'occasion de discuter de la gestion des pêches et de l'aquaculture dans un pays à forte industrie maritime et avec un focus axé sur l'intégration des communautés locales dans les processus de gestion.
Grâce à l’apport d’experts et de décideurs internationaux, la 6ème édition 2015 à Monaco, a élargi les discussions en s’interrogeant sur l’opportunité de « nourrir et alimenter le monde grâce à une aquaculture durable ». Alors que l'océan se transforme en zone de culture à grande échelle, les impacts en matière de protection, de réglementation et de collaboration devront être évalués pour que ce système de production soit durable et tire le meilleur parti de ces nouvelles ressources.
Les discussions de la 7ème MBI à Sao Paulo en 2016 ont confirmé que l'aquaculture, qui poursuit son incroyable bond en avant, s’impose comme un enjeu majeur à la fois en termes d'économie et de conservation marine. Avec une empreinte environnementale plus faible que beaucoup d'autres systèmes d’élevage tout en offrant des protéines de bonne qualité, l'aquaculture est une opportunitémajeure et reste un choix de société cohérent. Planifiée et gérée avec des orientations d'économie circulaire (aquaculture multi-trophique, valorisation des sous-produits…), l’aquaculture pourrait se tailler une place de choix dans l'économie bleue et contribuer à relever les défis du développement économique, de la sécurité alimentaire, du changement climatique et de la biodiversité.

De nombreux obstacles subsistent cependant. Le développement d'une aquaculture durable nécessite davantage d'efforts de la part des producteurs, des scientifiques et des gouvernements, notamment en matière d'innovation, de licences, de mercatique, d’incitation et de réglementation. La recherche devrait aussi se concentrer sur ce qui est nécessaire à la mise en œuvre opérationnelle de la durabilité sur le terrain. Des efforts seront par ailleurs à poursuivre pour garantir une aquaculture qui travaille en synergie avec les pêches. Les consommateurs auront un rôle clé sur l’offre de produits acceptables d’un point de vue social, environnemental et nutritionnel : la demande, l'information et la traçabilité restent des critères incontournables. Si les normes et les certifications placent en très bonne position l'aquaculture sur une liste limitée d'aliments jugés durables, les acteurs de l'industrie doivent rechercher la plus grande transparence s’ils souhaitent largement mobiliser les consommateurs et toutes les parties prenantes.

La prochaine édition (MBI #8) qui se tiendra à Monaco les 2 et 3 avril 2017 sera l'occasion d’évoquer de nouveaux enjeux et de nouvelles perspectives telles que la synergie entre l'Aquaculture et les Aires Marines Protégées, domaine peu évoqué jusque-là dans les réunions internationales. Les enjeux sont pourtant considérables. Face à une demande en produits de la mer toujours plus forte et une diminution des captures de poissons sauvages, l’aquaculture continuer inexorablement sa progression. Dans un contexte de forte expansion des activités économiques d’un côté (transports, tourisme, énergie, exploitation des ressources marines…) et de grande fragilité des milieux de l’autre (réchauffement climatique, acidification de l’océan, perte de biodiversité…), de nouveaux conflits d’usage ne vont pas manquer d’émerger ; il conviendra de les réguler, y compris jusque dans les zones protégées.

La prochaine édition sera aussi l’occasion de réaliser un focus sur la Méditerranée sous 2 angles différents, le développement de l’aquaculture et de la pêche durables d’un côté et la relation entre les AMP et le changement climatique de l’autre. Sur ce dernier point et comme cela a été démontré lors du 2ème Forum des AMP de Tanger en 2016, les AMP sont non seulement des observatoires privilégiés des effets du changement climatique mais aussi des espaces précieux qui améliorent la résilience des écosystèmes face à ce changement. Certaines composantes des milieux, tels les herbiers de posidonies, s’avèrent être d’efficaces systèmes de captation et de séquestration du carbone.

Enfin, la MBI consacrera une séance sur la protection de la haute mer en faisant un point sur les négociations sur la conservation et l'utilisation durable de la diversité biologique marine des zones situées au-delà des juridictions nationales et en évoquant le programme du patrimoine mondial de l'UNESCO consacré à la haute mer.

En fin de journée, plusieurs questions d'actualité seront passées en revue, dont les objectifs de développement durable 14 des Nations Unies à New York, les retours sur le Congrès mondial de la nature de l'UICN à Hawaii en septembre 2016, le prochain Congrès international sur les AMP (IMPAC4 au Chili en septembre 2017), ou encore le Trust Fund, Fonds fiduciaire pour les aires marines protégées de Méditerranée.